L’anglaise : écriture de finesse et d’élégance

Les particularités

Également appelé Copperplate, l’Anglaise est un style de calligraphie apparu au XVIIIe siècle en Angleterre, comme son nom l’indique. Elle dérive de la bâtarde italienne, elle-même une variante de la chancelière (Cancellaresca).

Sa singularité se trouve dans sa forme italique, inclinée, formant des lettres à l’aspect filiforme. L’extrémité du bec forme le délié, il faut ensuite presser la plume pour écarter le bec fendu et tracer le plein, on la qualifie donc d’écriture à pression. C’est ce style qui laisse une impression de fluidité et de légèreté. Son apparence ornementale fait de cette écriture un symbole de délicatesse, d’élégance et de féminité.

Le tracé, d’une main libre et relâchée, est d’ailleurs bien plus souple que dans les autres calligraphies européennes (la Gothique, la Ronde etc…). À ses débuts, l’anglaise se dissocie en deux styles différents : la ronde, plus épaisse avec des traits réguliers, plutôt utilisée dans les affaires et l’italienne, constituée de traits droits en goutte, considérée comme plus féminine.

L’Histoire

Le nom Copperplate vient du support sur lequel elle était pratiquée : des plaques de cuivre. Elle fait son apparition alors que l’Angleterre exerce une domination certaine sur le commerce mondial. Elle doit son exportation à travers le globe à la révolution industrielle et aux réclames. Précisément, elle fait suite au besoin d’une écriture lisible et facilement identifiable pour l’exportation des marchandises dans le monde.

D’abord destinée à la bourgeoisie, elle s’inspire notamment des maîtres néerlandais aux XVIe et XVIIe siècles (émérites calligraphes) comme Jean Van Velde. John Ayres et Charles Snell sont également reconnus comme les précurseurs de la calligraphie Anglaise. Le calligraphe Julien Chazal explique :

Au XVIII° siècle, le maître calligraphe anglais, John Ayres, importa cette bâtarde en Grande-Bretagne et en améliora les formes. Son oeuvre fut poursuivie par le calligraphe Charles Snell, notamment.

Julien Chazal, Calligraphie le Guide complet, éditions Eyrolles

Au point de départ de son histoire, l’Anglaise se trace à l’aide d’une plume d’oie. Plus tard, au XIX° siècle, avec la poursuite de la révolution industrielle, cette plume est remplacée par une plume métallique.

Les fondateurs de cette industrie sont Joseph Gillot et John Michell. À la fin du XIXe siècle, les fabriques de Birmingham produisent annuellement un nombre considérable de plumes qui sont vendues dans le monde entier. Il s’agit là du premier produit prêt à l’emploi et jetable de l’ère industrielle.

La maison de la Calligraphie

Dès la fin du XVIII° siècle, l’Anglaise s’étend dans toute l’Europe, sous différentes dénominations : Lettre Inglesa en Espagne ou Lettera Inglese en Italie. Le continent s’enthousiasme pour les technologies, les procédés, l’écriture ainsi que les outils utilisés par la Grande Bretagne.

L’évolution

Au travers des siècles, l’Anglaise a su s’exporter dans le monde entier et se maintenir au rang des calligraphies les plus prisées. Son utilité a évolué au fil du temps, passant d’une utilisation commerciale à une utilisation esthétique et artistique. Elle était uniquement enseignée dans les écoles de jeunes filles puis son apprentissage a été simplifié et démocratisé dans les écoles primaires, dans le courant du XIX° siècle.

Un siècle plus tard, ce style d’écriture est adopté par les américains.

In fine, l’Anglaise est encore beaucoup présente aujourd’hui. Elle rencontre un succès notable dans les pays anglophones mais également en France. Elle est symbole d’élégance et de qualité. On la retrouve par exemple sur des affiches publicitaires, des cartes de visites, des cartes de voeux ou simplement pour une utilisation décoratrice et artistique. Par sa relative simplicité d’initiation et d’exécution, l’Anglaise offre une créativité qui continue de séduire au fil du temps.

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